Apportez votre soutien à la FCF  |   Contactez-nous  |   FAQ   |  English


Les ravageurs de la forêt

Related Terms: forest, offender, insect, pollinator, damage, ecosystem, bug, species, eat, pest, tree, foliage, beetle, larvae, predator


Les ravageurs de la forêt

Du dendroctone du pin à la tordeuse : un guide des pires ravageurs de la forêt.

 

Texte de Carollynne Smith

 

Les insectes sont certes des créatures utiles. Depuis toujours leur présence agrémente nos vies et il est peu probable que nous puissions survivre sur terre sans eux. Ils nous assurent de nombreux produits et services d’une valeur inestimable. Malheureusement, certains insectes peuvent nous faire oublier l’importance de la vaste majorité d’entre eux.

 

Beaucoup des savoureux fruits et légumes que nous consommons disparaîtraient si ce n’était de ces créatures pollinisatrices à six pattes. Dans certaines cultures, les insectes figurent même au menu! Et que dire du miel, de la soie et des autres produits utiles confectionnés par ceux-ci.

 

Quant aux services qu’ils assurent, force est de constater que, dans certaines parties du monde, la terre serait recouverte d’excréments malodorants d’animaux si ce n’était de l’appétit vorace de ces insectes avares de fèces. Par ailleurs, l’étude de ces invertébrés nous permet d’approfondir nos connaissances en matière de génétique et dans les autres sphères de la biologie. De plus, les insectes de par leur diversité comportementale, leur capacité d’adaptation et leurs couleurs, sont en soi captivants.

 

Malgré ces bienfaits, il existe une minorité d’insectes dit « nuisibles » qui peuvent engendrer, pour l’économie, des pertes de plusieurs millions de dollars et provoquer le chaos dans les écosystèmes. Ce sont ces insectes nuisibles qui ternissent la réputation de l’ensemble des insectes. C’est le cas de certains insectes que l’on retrouve dans les forêts canadiennes et qui sont considérés par l’industrie forestière comme un véritable fléau.

 

Nous vous proposons un aperçu de six espèces d’insectes qui ont la capacité de tout ravager sur leur passage. Certaines espèces, comme la tordeuse des bourgeons de l’épinette, sont indigènes du Canada et ne sont véritablement nuisibles qu’en cas de surpopulation. D’autres, comme le longicorne asiatique, sont des espèces allogènes. Comme il n’a aucun prédateur naturel pour le freiner, son nombre croît d’une façon fulgurante et il s’attaque alors à tous les arbres en vue.

 

Espèces indigènesEspèces allogènesChaque insecte joue un rôle

 

D’abord, les espèces indigènes

 

Dendroctone du pin ponderosa (Dendroctonus ponderosae)
Répartition géographique: L’ouest de l’Amérique du Nord
Description: Un coléoptère corpulent de couleur rougeâtre, d’une longueur de 6 mm
Arbres hôtes: Les pins, plus particulièrement les pins tordus

 

Moeurs de l’insecte nuisible: le dendroctone du pin présente une grande résistance au froid. En effet, son corps semble avoir la propriété de produire un antigel lorsque les températures chutent l’hiver. La température doit se situer à -40ْC pendant plusieurs jours consécutifs pour que l’insecte meurt en nombre suffisant pour avoir un impact sur la taille de la population. Fait intéressant: les pics bois trouvent appétissante la larve de ces insectes.

 

Dégâts de l’insecte nuisible: le miniature dendroctone du pin a un rôle naturel à jouer dans le cycle de vie de la forêt. Il semble afficher une préférence pour les arbres qui sont fragilisés en raison de l’âge, d’une trop grande concentration, de conditions de croissance déficientes ainsi que d’autres facteurs. Ce comportement a un impact sur la régénération forestière et contribue à la succession écologique. Les arbres qui succombent à l’attaque de ces insectes sont une composante importante de l’écosystème, fournissant un lieu de nidification, des perchoirs ainsi que des sites d’alimentation pour grand nombre d’oiseaux terrestres.

 

Toutefois, en Colombie Britannique, la population du dendroctone du pin a explosée pour atteindre des proportions épidémiques en raison d’hivers peu rigoureux, d’une lutte efficace contre les incendies de forêts et d’un peuplement dense de pins tordus matures. Dans ces circonstances, le dendroctone du pin s’attaquera à une grande proportion des pins, qu’ils soient en santé ou non. Les larves tuent les pins en creusant sous l’écorce alors que les scolytes adultes, pour leur part, les tuent en leur transmettant des champignons qui croissent en s’introduisant dans le bois. Des arbres sains et une forêt espacée sont des moyens de défense efficaces contre le dendroctone du pin.

 

Livrée des forêts (Malacosoma disstria)
Répartition géographique: L’Amérique du Nord
Description: L’adulte est un papillon robuste, velu, d’un brun chamois. Le stade immature est une chenille bleue ornée de stries longitudinales rouges et taches blanches, svelte et velue, d’une longueur de 3 à 7 cm.
Arbres hôtes: Arbres feuillus, de préférence le tremble et le peuplier.

 

Mœurs de l’insecte nuisible: malgré qu’il s’agisse de chenilles, les livrées ne construisent pas de véritables tentes. Elles se rassemblent plutôt et tissent, à la surface des branches ou du tronc, un tapis de soie pour se reposer et muer. La livrée des forêts est une source importante de nourriture pour plus de 60 espèces d’oiseaux, notamment l’Oriole de Baltimore. Certaines espèces d’oiseaux, comme les coucous, ont vu leur nombre croître pendant les périodes d’infestation des chenilles.

 

Dégâts de l’insecte nuisible: les infestations se produisent à des intervalles de 6 à 16 années et peuvent être d’une durée allant jusqu’à 6 ans. Les livrées des forêts peuvent défolier presque complètement les arbres hôtes. Néanmoins, les arbres survivent généralement. Des attaques consécutives peuvent toutefois conduire à un dépérissement terminal ou à une diminution de la croissance de l’arbre, ce qui constitue une source d’inquiétude pour les plantations commerciales. Au Canada, le « Btk », un insecticide biologique, est parfois utilisé pour maîtriser les infestations dans les plantations. Bien que le « Btk » ne pose aucun danger pour l’humain ainsi que d’autres vertébrés, il élimine toutefois les chenilles. Il ne devrait être utilisé que lorsque absolument nécessaire.

 

Tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana)
Répartition géographique: Amérique du Nord, l’est des Rocheuses
Description: les adultes sont d’aspects variés, affichant des couleurs allant d’un gris terne au blanc. Envergure de 2,1 à 3 cm. Les larves sont petites, d’une longueur de 1,9 à 2,4 cm, avec des têtes noires et un corps brun foncé.
Arbres hôtes: les larves s’alimentent de nouvelles pousses d’épinettes et de sapins. Elles peuvent également se nourrir de cônes.

 

Moeurs de l’insecte nuisible: lorsqu’elle s’alimente, la tordeuse perce la coiffe du bourgeon et se nourrit des pousses qui s’y déploient. La tordeuse prend habituellement pour cible des arbres plus âgés, ce qui contribue à la régénération forestière. Durant les périodes d’infestations, la tordeuse est considérée comme une source importante d’alimentation pour le Gros-bec errant qui s’en régale.

 

Dégâts de l’insecte nuisible: les infestations se produisent de manière cyclique aux 30 ans et peuvent durer de 10 à 15 années. La tordeuse est un destructeur vorace. En principe, une seule année de défoliation n’a que peu d’incidence sur la forêt. Toutefois, plusieurs années consécutives peuvent fragiliser les arbres et les rendre vulnérables aux maladies et autres insectes. Les insecticides chimiques sont peu utilisés pour lutter contre la tordeuse. Des pratiques forestières appropriées ou, si nécessaire, l’utilisation de pièges à phéromones, de « Btk » ou d’insecticides expérimentaux sont maintenant des méthodes de régulation privilégiées pour minimiser les pertes économiques.

 

Maintenant, les ravageurs forestiers allogènes

 

La spongieuse nord-américaine (Lymantria dispar)
Origines et répartition géographique: Europe et Asie; elle est maintenant présente dans l’est de l’Amérique du Nord.
Description: l’adulte femelle est blanche et beaucoup plus imposante que le mâle, avec une envergure de 5 à 7 cm. Les mâles sont bruns, avec une envergure de 3-4 cm. Les larves sont d’une longueur de 5 à 7 cm et de couleur gris anthracite, affichant, sur leur dos, une rangée double de points bleus et rouges, desquels apparaissent de petites touffes de poils.
Arbres hôtes: arbres feuillus, plus particulièrement le chêne.

 

Moeurs de l’insecte nuisible: Monsieur Leopold Trouvelot, qui avait prévu élever ce papillon en vue de la production de soie, a délibérément introduit cet insecte nuisible en Amérique du Nord à la fin du 19ième siècle. Malheureusement, certains papillons se sont échappés et font des ravages depuis. Contrairement à son homologue de l’Asie, les papillons femelles de type européens ne peuvent voler. Ils émergent de leur cocon rempli d’œufs et émettent des phéromones, attirant ainsi les mâles. La femelle ne s’accouple qu’une fois par année et dépose ses œufs en masse. Comme les femelles ne peuvent voler, l’espèce se propage au stade de la chenille. Les jeunes larves éclosent de leurs œufs et grimpent jusqu’au sommet de l’arbre où elles se laissent pendre à un fil soyeux, leur permettant ainsi de se laisser emporter par le vent jusqu’aux arbres avoisinants.

 

Dégâts de l’insecte nuisible: la spongieuse, en comparaison avec d’autres espèces ravageuses, est une destructrice bien moins dommageable. Elle peut néanmoins causer des dommages à court terme en défoliant les arbres hôtes. Comme les arbres au feuillage large sont plus résilients, beaucoup d’entre eux survivent à de telles attaques. Toutefois, de telles défoliations menacent indirectement la faune et la flore. Les chênes attaqués conservent leur énergie en stoppant la production de glands, lesquels sont une source d’alimentation, en hiver, pour plusieurs espèces d’animaux.

 

Longicorne asiatique (Anoplophora glabripennis)
Origines et répartition géographique: Chine, Corée, Japon. Au Canada, sa présence a été signalée à Vaughan, en Ontario, où il est en voie d’éradication.
Description: l’adulte est un grand coléoptère, d’un bleu-noir (2,5 à 3,5 cm de longueur) orné de taches blanches et de très longues antennes.
Arbres hôtes: les larves se nourrissent d’une variété d’arbres feuillus. En Asie, les principaux hôtes sont les érables, les peupliers et les saules (Salix).

 

Mœurs de l’insecte nuisible: en Asie, cet insecte, à la fois ravissant mais destructeur, est aussi connu sous le nom de longicorne étoilé. Il existe plusieurs coléoptères indigènes qui présentent des similitudes avec le longicorne asiatique, par exemple, le longicorne noir.

 

Dégâts de l’insecte nuisible: le longicorne asiatique, arrivé au Canada caché dans le bois servant à emballer des marchandises en provenance de d’autres pays, est la source de bien des ennuis. Bien que son trajet ne l’ait pas encore conduit jusqu’aux forêts canadiennes, l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a mis sur pied une campagne de lutte pour empêcher sa propagation. Les forêts de feuillus sont grandement menacées par l’arrivée de cet insecte. En effet, les larves de ce coléoptère tuent les arbres en creusant profondément sous l’écorce.

 

Longicorne brun de l’épinette (Tetropium fuscum)
Origines et répartition géographique: l’Europe du Nord, l’ouest de la Russie. Au Canada, sa présence a été signalée en Nouvelle-Écosse.
Description: coléoptère d’une longueur de 1 à 1,5 cm, brun ou brun rougeâtre, marqué de 2 ou 3 zébrures longitudinales le long du dos. Son corps est aplati et sa tête est noire avec de longues antennes rougeâtres.
Arbres hôtes: les larves de ce coléoptère se nourrissent d’épinettes en creusant dans l’aubier.

 

Mœurs de l’insecte nuisible: en Europe, ce coléoptère est relativement inoffensif et se nourrit habituellement d’arbres stressés ou mourants. Comme on ne lui connaît aucun ennemi naturel, la population croît à une vitesse inquiétante.

 

Dégâts de l’insecte nuisible: comme son homologue le longicorne asiatique, ce coléoptère ravageur est arrivé au Canada, vers la fin des années 80, dans du matériel d’emballage en bois transporté par bateau dans le port de Halifax. Depuis, le longicorne brun a détruit des milliers d’épinettes dans les parcs de la ville et cette dernière considère prendre des mesures drastiques en coupant près des 10 000 épinettes attaqués par l’insecte. Tout comme le longicorne asiatique, le longicorne brun de l’épinette peut potentiellement détruire de vastes étendues de forêts au Canada.

 

Chaque insecte joue un rôle Every insect plays a role

 

Ces soi-disant insectes nuisibles sont devenus une réelle source d’ennuis tout simplement parce que leur population n’est pas régulée, soit parce qu’ils vivent à l’extérieur de leur habitat naturel, soit pour des raisons environnementales. En temps normal, ces espèces peuvent avoir un apport bénéfique pour la forêt parce qu’elles jouent un rôle important dans l’écosystème. Par exemple, les coléoptères perce-bois indigènes s’attaquent aux arbres morts ou stressés. Ceci permet aux champignons de s’infiltrer sous le bois et accélère, par le fait même, le processus de décomposition. Aussi, les larves de coléoptères sont une source d’alimentation pour les pics-bois et certains autres oiseaux. Dans les milieux forestiers, de tels processus se déroulent depuis bon nombre d’années et sont aussi naturels que le chant d’un oiseau ou le son d’une chute d’eau.

Recherche

Guide de jardinage — été 2009

  • Mot de la rédactrice : Un beau matin d’été
  • Discover the World of Animal Tracks »
  • Un jardin néo-écossais
  • L’oriole de Baltimore aux couleurs éclatantes
  • Les cactus du Canada
  • Pépinière « Prairie Originals »
  • Inscrivez-vous gratuitement
Lire

Zones de rusticité

Choix de plantes en fonction des zones de rusticité

Lire

Ressources